Comment faire un voyage intérieur en Afrique du Sud ?

Nous sommes tous plus ou moins habitués à voyager. Que nous voyagions ou pas, le monde est à notre portée. Des informations, des reportages, les réseaux sociaux, tout pousse vers l’ailleurs. Ailleurs devient familier, voisin, moins inaccessible. On pourra se plaindre des réseaux sociaux, des geeks et autres dépendances ou ultra connexion, mais il n’en sort pas que du mauvais. Pas que du bon non plus. La proximité de l’ailleurs tend aussi à tuer le rêve, l’inattendu, l’attente du dépaysement. Avant de partir, on veut se renseigner avec une certaine urgence, l’envie de tout savoir. Mais au final, la seule vérité que nous nous construirons d’un voyage, elle se réalisera pendant le voyage.

Le voyage intérieur est une notion récemment mise à l’honneur par un voyagiste de renom qui ose créer une brochure sans voyage, sans prix, juste avec des expériences qui ont fait qu’à un moment donné, le voyage a pris une autre dimension. Il est devenu souvenir, émotion, sentiment. Le voyage peut apporter bien plus que la simple fierté de voyager, d’avoir « fait » un pays, il peut nous grandir.

Alors, l’Afrique du Sud là dedans, en quoi peut elle nous faire grandir ? Dans ce pays au passé trouble, à l’histoire récente fabuleuse, à l’actualité disons pudiquement contrastée, en quoi peut-il nous faire vivre une aventure intérieure ? Dans ce pays dont le matérialisme est si présent comme dans tous les pays du nouveau monde, en quoi pouvons-nous attendre ce graal du voyageur : l’émotion, le souvenir, le vrai ?

La nature tout d’abord est source de contentement. Pour quiconque se retrouvera dans une réserve, quelle qu’elle soit, l’émotion sera au rendez vous ! le premier safari sera une grande aventure. Je me souviens encore de ma première rencontre sauvage ; c’était avec un phacochère qui est venu s’agenouiller pour croquer une pomme posée par terre. Je suis resté de longues minutes à l’observer, fasciné. Ce phacochère pèse bien plus lourd que de nombreux lions ou léopards ou éléphants que j’ai vu ensuite.

Ne fuyez pas les ennuis ou l’imprévu ! Très souvent quand tout se passe bien, on oublie mais dès qu’un souci se produit, on s’en souvient. Au-delà de l’aspect négatif, c’est l’imprévu que nous fuyons tout en le recherchant inconsciemment. Lors d’un voyage en Afrique du Sud, ne courez pas, ne faites pas tout, prenez le temps. Listez les incontournables selon vos envies. Pour moi, ce seront les villes du Cap et de Johannesburg. Puis ensuite, prenez seulement quelques étapes, pas trop de route, mais suffisamment de temps sur chacune de ces étapes. Perdez du temps ou prenez-le.

Parlez aux gens ! J’adore l’Afrique du Sud car pour peu que l’on parle un peu l’anglais, on peut rapidement avoir des échanges de qualités et de bonnes « barres de rire ». Quelque soit la couleur, un petit mot, une petite blague, toujours détendu, cela vous permet de vous rendre le voyage bien plus agréable. Au contraire, le stress ou pire l’énervement ne seront jamais vos alliés. Le sourire sera votre meilleur passeport… cela commence dès la douane. Même s’ils ne sont pas souriants, dites bonjour, demandez comment ça va (ils le font tout le temps) et répondez. Ce jeu social que nous avons parfois oublié, ces choses élémentaires rendent la vie plus douce et votre voyage plus aérien.

Regardez autour de vous ! Cela vous est il arrivé de courir, courir au point de ne plus regarder autour de vous, contempler. Un voyage trop ambitieux, trop mobile, positionnera vos yeux sur votre GPS, vos résas, votre carte, votre montre plutôt que devant vous, autour de vous. La contemplation n’est pas seulement réservée au coucher de soleil, à l’apéro ou au moment d’ennui. Préservez-vous de moment de calme durant lesquels, simplement, vous lèverez la tête. Dans les réserves, c’est évident, mais aussi dans les villes. Prenez le temps, regardez, participez.

Ces conseils, je me les donne à moi-même alors que je les écris. On court tous, notre monde est fait d’une course inconsciente. On perd du temps, et ce temps nous file entre les doigts, il court seul et notre inconscience nous endort jusqu’au réveil conscient que la vie est trop courte pour ne pas la vivre. Le voyage est une parenthèse qui doit nous permettre de vivre vraiment. En attendant d’être capable de vivre notre vie comme nous vivons nos voyages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *